samedi 26 octobre 2013

Le miroir imaginaire de Edouardo Lourenço

«Le mal absolu de la création artistique c'est la répétition. Si l'art abstrait est une espèce de fin, cette apocalypse fulgurante est mille fois préréfable à l'impuissance implacable d'une quelconque survivance de formes autrefois prestigieuses mais sans résurrection possible.»

Edouardo Lourenço est un intellecuel né à Almeida, en 1923. La qualité littéraire de ses essais est telle qu’on peut les lire avec le même plaisir qu’une nouvelle de fiction. Il y a du Borges dans cette œuvre qui arpente sans relâche les vastes champs de l’histoire portugaise et de la création littéraire de son pays. Son principal ouvrage est Mythologie de la Saudade. Essais sur la mélancolie portugaise (Chandeigne). Si rien de ce qui est portugais ne lui est étranger, ce touche-à-tout excelle tout particulièrement dans ses analyses de l’œuvre de Fernando Pessoa.

vendredi 25 octobre 2013

Les poètes portugais exilés ou immigrés en France, des années 1960-70 à nos jours par Dominique Stoenesco

Latitude N° 27 septembre 2006

L’exil des intellectuels portugais en France est une constante dans l’histoire des relations franco-portugaises. Nous pouvons rappeler brièvement, à partir du XIXe. siècle, quelques exemples illustres. Ainsi, la contre-révolution absolutiste au Portugal avait poussé à s’exiler des écrivains comme Alexandro Herculano ou Almeida Garrett. C’est à Paris précisément qu’Almeida Garrett (1799-1854), homme politique, poète, romancier et auteur dramatique, publia, en 1825, le recueil de poèmes “Camões”, devenu l’acte de naissance du romantisme portugais. Il remit au goût du jour les grandes figures littéraires médiévales en exarcerbant le sentiment de fieté nationale et écrivit les plus ardents poèmes d’amour du romantisme portugais. S’inscrivant nettement dans le courant libéral et humaniste du second romantisme français, Garrett considérait la révolution littéraire comme partie intégrante de la révolutuion sociale

+ sur Dominique Stoenesco

Lire l'article en entier

lundi 21 octobre 2013

Manual de Prestidigitação de Mario Cesariny

Mário Cesariny de Vasconcelos, est né à Lisbonne le 9 août 1923 et mort dans cette ville le 26 novembre 2006 c’- est un peintre et poète, représentant du surréalisme portugais.

Só a imaginação transforma. Só a imaginação transtorna. É imaginação o livre exercício do espírito que servindo-se de um ou mais aspectos do “real” passa lenta ou rapidamente ao extremo limite deste para alcançar, pouco importa em que margens, o objecto real de um irreal conquistado no espírito. Acelerar este processo levando-o a um ponto em que se torne impossível falar de real e irreal (negação da negação anterior), produzir um objecto onde tudo, simultaneamente, tem as propriedades da verdade e do erro, da razão e da loucura, do que foi encontrado e do que foi perdido, é transformar a realidade depois de a haver transtornado – é fixar, violentando a realidade “presente”, um novo real poético (uno). Esse real poético dá-o o surrealismo, reunindo, até hoje insuperavelmente, Apolo e Dionisos, Vénus Urânia e Vénus Anadiómena, Ocultismo e Magia.» - Mário Cesariny

La secrète vie des images d'Al Berto

27 poèmes d’Al Berto sur 27 œuvres d’art. De Giotto à Rui Chafes. Du XIIIe au XXe siècle. Une promenade dans le musée imaginaire d’un grand poète contemporain

« J’ouvre enfin les yeux, je peins jusqu' à ce que le blanc iridescent de la toile se laisse inonder par le lumineux portrait de la solitude »

La Leçon de Giotto

Ils disent : avant lui la peinture se noyait Dans ce que certains avaient peint pour séduire Le regard des ignorants et non pour Le subtil plaisir de l’esprit Il possédait un rigoureux sens de l’espace et Du volume fut réformateur de la peinture florentine Réduisit tout à l’essentiel supprimant personnages Accessoires détails et par l’amplitude De la composition architectonique il atteignit une grandeur Jalousée et sans égal C’est encore lui Le premier à cloîtrer l’âme A l’intérieur de corps limités et solides Qui nous invite à la réflexion sur la nature humaine Et sur les choses diaphanes du cœur

a lição de giotto

dizem: antes dele a pintura afundava-se naquilo que alguns pintaram para seduzir o olhar dos ignorantes e não o subtil prazer do espírito

possuía um excepcional sentido do espaço e do volume foi reformador da pintura florentina reduziu tudo ao essencial suprimindo personagens acessórios detalhes e pela amplitude da composição arquitectural atingiu grandeza invejada e sem igual

Les fiancés volants de Chagall

Comme si j’écrivais un poème, je peins la femme Qui fait irruption du plumage bleuté du coq Par-dessus les ponts la nuit est tombée où flottent Le bouc et les fiancés j’ai lancé parterre des barrières Entre les éléments et les lois physiques Pour que mon pays devienne plus réel Plus proche de moi quand en exil je pose Les lèvres sur les couleurs de la noisette ou des noix et Garde leur saveur dans la bouche Je me rappelle ainsi la maison paternelle à viebsk la neige De S. Petersbourg cet enfant au marché Attrapant des pièces jetées sur le tapis et de la chèvre triste En équilibre – dansant –au dessus du goulot de la bouteille Les joueurs d’accordéon et les violons sous la clarté de la lune Ces fiancés qui toute ma vie s’envolèrent heureux De peinture en peinture par les nocturnes ciels de Paris

os noivos voadores de chagall

como se escrevesse um poema pinto a mulher que irrompe da plumagem azulínea do galo por cima das pontes anoiteceu onde flutuam o bode e os noivos lancei por terra barreiras entre elementos e leis físicas para que o meu país se tornasse mais real mais próximo de mim quando no exílio pouso os lábios nas cores de avelã ou das nozes e fico com o sabor delas na boca

recordo assim a casa paterna em vitebsk os nevões de s. petersburgo aquela criança no mercado apanhando moedas atiradas ao tapete e a cabra triste em equilíbrio - bailando - em cima do gargalo da garrafa os músicos de acordeão e violino sob o clarão da lua estes noivos que toda a minha vida esvoaçaram felizes de pintura em pintura pelos nocturnos céus do país

Kandinsky caché derrière la toile

Bien avant avoir adopté des formes Rigoureusement géométrique (pour fuir l’anarchie) J’ai peint cet arc noir liant deux zones Du même paysage : pont noir Par où – toi qui me regardes – tu peux passer A la rencontre de la flamme intense des matins Et de l’autre coté de l’arc où le vent et l’arbre Se perdent dans l’euphorie de leurs propres couleurs - caché derrière la toile – je te vois Chaque fois plus près comme si tu avançais Par la désintégration de l’atome ou par l’éblouissement Des feux tu te rapprochais de moi : le regard enveloppé Dans le voile harmonieux de musique colorée

kadisnky escondido atrás da tela

muito antes de ter adoptado formas rigorosamente geométricas (para fugir à anarquia) pintei este arco vermelho ligando duas zonas da mesma paisagem: ponte escura por onde - tu que me olhas - podes passar ao encontro da intensa chama das manhãs

e do outro lado do arco onde o vento e a árvore se perdem na euforia de suas próprias cores - escondido atrás da tela - vejo-te

cada vez mais próximo como se avançasses pela desintegração do átomo ou pelo deslumbramento dos lumes te acercasses de mim: o olhar envolto na teia harmoniosa de colorida música

Au miroir des mots de Arthur Do Cruzeiro Seixa

Artur do Cruzeiro Seixas Peintre Suréaliste est né en 1920, il fait partie du groupe des surréalistes portugais fondé par Mario Cesariny. Son univers est peuplé d’hybrides qui s’enlacent ou fusionnent pour former des corps pluriels. Pégase, est comme un double de l’artiste. Le cheval ailé, comme la barque, sont des invitations au voyage. Des banquises ciselées, des icebergs biseautés servent de cadre à un monde en glaciation sous lequel couve un feu ardent. En 1950, il s'engage dans la marine et parcourt le monde. Il revient au Portugal en 1964 et ne cesse d'exposer et d'illustrer de nombreux livres de poètes. Parallèlement à sa peinture, il composait dans le plus grand secret une œuvre poétique dont ses meilleurs amis n'eurent vent qu'au début des années 80... Tous les poèmes présentés dans cette anthologie sont inédits en français. Ce livre est le premier de Cruzeiro Seixas publié en France où, en tant que peintre, il n'est pas un inconnu. La traductrice, Isabel Meyrelles, elle-même poète et plasticienne, est une très proche amie de l'auteur.

Extrait :

J’aurais aimé que cet arbre me regarde

Comme moi je le regarde

Secrètement et sans espoir

J’aime le paysage

De plus en plus

Impénétrable

Oiseau qui vole dans les deux sens

Ayant comme compagne fidèle

La mort follement multicolore

Dans cette larme il y a toute une famille de baleine

Ou si tu préfère l’ombre verte d’un cloître

Avec la date du taxi qui nous emmena sur la lune

Sur le chemin tu as embrassé une étoile

Faite de vielles chaussures

Ou ce soleil d’aujourd’hui

Gémit sous l’effort sablonneux

Solennel comme un rêve à jamais oublié

Lointain comme la muraille de Chine

Ailé comme une chaise

Aveugle comme les gouffres

Lourde comme une goutte d’eau

Sans fond

Surprise par son propre mystère

Un couteau entre les dents d'Antonio José Forte Bilingue

António José Forte est né à Póvoa de Santa Iria, au Portugal, le 6 février 1937. C’est en 1960 qu’il publie son premier recueil de poèmes, 40 Noites de insónia de fogo de dentes numa girandola implacável. Il fréquente alors le café Gelo où il croise de jeunes poètes de sa génération et d’autres plus âgés, qui, tel Mário Cesariny, participèrent une dizaine d’années auparavant à la brève aventure collective du premier groupe surréaliste portugais, dit le Groupe surréaliste de Lisbonne.

Article Le Matricule des Anges

Il est des écrits de larme et de sang nés d'un coeur tordu comme un linge que l'on essore, des poèmes qui ont oublié d'être ciselés, de se rendre présentables, arrivent froissés par les poings fermés on les rencontre parfois sans les chercher au détour d'une nuit blanche, celle qu'emprunte leur regard halluciné, qui sait lire, sur le monde superposé, la vision de notre condition. Ces poèmes se promènent Un couteau entre les dents, telle l'image du bolchevik de la propagande, et ça leur plaît. Non pas tant d'être affiliés par leur auteur à quelque parti politique obédience de circonstance et référence caustique , mais de nous parler de ces peurs cachées, de nous dire sans frémir : " Le plus beau spectacle d'horreur, c'est nous. Ce visage avec lequel nous aimons, avec lequel nous mourrons n'est pas le nôtre ; ni ces cicatrices au matin toujours fraîches, ni ces paroles qui vieillissent dans le court espace d'un jour. (...) Nous cherchons l'issue la vraie, la seule et nous nous cognons la tête contre les murs. A ce jeu, il y a ceux qui gagnent la colère, et ceux qui perdent l'amour. " António José Forte a gagné les deux quand bien même sa vie fut soumise à une perpétuelle tension, une douleur emportée contre les obstacles à l'idéal d'une humanité pacifiée, en harmonie. Il a gagné tardivement, à grand-peine, dans le silence qui l'empoignait, et qui servait parfois aussi de " pacte des réalités/ de ces hautes/ figures de pierre/ alerte de l'ultime entendement/ lieu vers lequel on porte/ le meilleur et le plus généreux. " Il a gagné, car ce pacte irascible qu'il a scellé ouvre, bien après sa mort en 1988, des pages d'amour à ses lecteurs. Né en 1937 à Povao de Santa Iria, lointaine banlieue de Lisbonne nichée au creux de l'embouchure du Tage, il a grandi sous les années Salazar, et rejoint à la fin des années 50 le groupe surréaliste déjà à l'état fantomatique dit " O grupo do café Gelo " dans la capitale. Ancien lieu de rendez-vous des anarchistes, le café rassemble ceux qui cherchent un espace dans cette ambiance " bas de plafond ", sans alternative politique à la censure. Le surréalisme au Portugal a connu des débuts tardifs (1947) et, comme ailleurs, une histoire mouvementée, faite d'exclusions, de dissolutions, refondations et de relations ambivalentes avec le Parti communiste. António José Forte a été en quête de rupture avec la ligne du parti, et si le Gelo y a contribué, c'est surtout à partir de sa lecture d'Henri Lefebvre, puis à Bruxelles en 1966 des écrits de l'Internationale situationniste que s'enclenche la dynamique qui le conduira à fonder la revue Potlach à Paris l'année suivante, puis, de retour au Portugal, à initier une synthèse originale de ces deux courants. " La gueule entre deux très grands yeux/ derrière des larmes plus grandes encore/ voici entre tous ton meilleur portrait/ celui d'un jeune chien auquel ne manque que la parole " se décrit-il lui-même dans un poème intitulé " Portait de l'artiste en jeune chien " fidèle envers et contre tout, à sa sensibilité, à sa lucidité et la colère hurlante qu'elle déclenche parfois en lui, à la limpidité de l'humain qu'il voit battre en son coeur et ne parvient pas à atteindre chez ses semblables. Non pas qu'il ait été misanthrope ou farouche, António José Forte était souvent entouré d'amis, et même l'expérience violente et miséreuse de l'exil ne fut pas solitaire. Mais par cette impossibilité aux accents de Desnos d'être tour à tour " comme un tournesol (...) comme un iceberg " renvoyé à sa dualité. Un couteau entre les dents en une traduction inédite en français agrémenté des dessins de sa compagne, nous livre, outre le poème éponyme, ses 40 nuits d'insomnie de feu de dents dans une implacable girandole, Entrevue, Désobéissance civile, et l'essai Comment communiquer ? hommage à Dada, Jarry, Andersen et au poète Antonio Maria Lisboa, mort en 1953, " parce que l'amour, et la liberté ne sont pas de la petite monnaie roulant sur les comptoirs des grands magasins de la littérature. "

Un couteau entre les dents AntÓnio José Forte Traduction inédite du portugais et présentations d'Alfredo Fernandes et Guy Girard. Dessins d'Aldina. Collection bilingue Ab Irato

La mort du père de José Luis Peixoto

« Morreste-me » de Luis Peixoto, traduction français enfin disponible sous le titre « La mort du père », à partir du 6 novembre 2013, Grasset. Pour moi un des plus beaux livres de l’auteur, un très beau texte bouleversant.

Après la mort de son père, l'auteur est de retour dans la maison de son enfance où chaque recoin éveille un souvenir. Il s'était promis de ne pas oublier son père. Et il ne l'oublie pas. Car la meilleure arme contre la mort, c'est la mémoire... Pourtant, confie l'auteur, il a toujours considéré ce texte comme de la fiction, 'car moins de cinquante pages ne peuvent suffire à parler de la mort de quelqu'un, les pages ne peuvent contenir la vie d'une personne et le vide qu'elle laisse derrière elle'.

vendredi 18 octobre 2013

Paulo Abrunhosa

Diário de um Dromedário Paulo Abrunhosa. Desenhos de PAM (Paulo Anciães Monteiro)) Quasi Edições 2001

1958 - 2001

Nasceu a 12.05.1958, no Porto. Nesta cidade, faz a primária e parte do secundário no extinto Colégio João de Deus, de onde sai para frequentar o Liceu António Nobre e aí concluir, em 1979, o curso complementar. Depois de cumprir o serviço cívico obrigatório, matricula-se, no ano seguinte, na Universidade de Coimbra. Em 1985 licencia-se em Direito, tendo, de seguida, iniciado o estágio para a advocacia, que não conclui. Avesso a todo o "establishment", recusa alinhar com as gerações engravatadas do seu tempo. Em 1987 funda, em colaboração com seu irmão Nuno, a revista "Metro", a primeira de distribuição gratuita em Portugal. Com o número especial dessa revista, publicado no Verão de 1994 e exclusivamente dedicado ao Algarve, vence, nesse mesmo ano, o 1." Prémio da Imprensa" da Região de Turismo daquela Província. Entretanto, entre a escrita e a noite, é convidado a dinamizar o espaço Café da Praça, promovendo aí iniciativas únicas de carácter lúdico e cultural, mormente entre as novas tendências da música de dança, marcando de forma indelével uma certa boémia da cidade. A morte apanhou-o aos quarenta e três anos de idade, no auge das suas capacidades, não lhe tendo consentido concluir este trabalho, cujos prefácio e epílogo deixou incompletos.

Paulo era um príncipe da palavra, alguém que se deslocava entre a suavidade das nuvens e a tempestuosidade da certeza com que se batia pela sua visão do mundo Não era fácil ser o seu irmão mais novo, mas com que saudade recordo as discussões que mantínhamos e nas quais eu me afundava numa sensação de pequenez e ignorância Batalhou até ao fim, numa coerência ímpar que a mais • ninguém conheci. Imperturbável no seu sobretudo branco, que lhe assentava como um manto real, o Paulo viveu de acordo com as suas próprias regras, das quais este livro é, apenas, mais um capitulo surpreendente. Uns olhos transparentes de bondade e luz, uma criança feliz embalada pelo carinho que devotava a todos quantos tiveram o privilégio de consigo privar, as mãos longilíneas que abraçavam o tempo com a firmeza delicada com que prendia uma cintura de mulher, o chá' tomado a altas horas da manhã, entre sonhos adiados e memórias de uma vida plenamente preenchida. Era assim o Paulo que, em tudo quanto tocava, deixava • um pouco de si e revelava inesperadamente o melhor de todos nós. Partiu tão depressa quanto viveu, sem deixar que nos despedíssemos com os beijos que tanto ' gostava de dar. Levou consigo a música que lhe habitava a alma, como se quisesse adiar o adeus, a última palavra que gostava de pronunciar. Irónico como sempre o Paulo privou-nos do nosso destino de irmãos, de nos sentarmos numa qualquer, tarde soalheira de Setembro, na fresca sombra das figueiras da Tapada fumando um cigarro impossível, entre histórias fantásticas e risos que lhe escondiam as lágrimas de um coração maior de que a terra que pisava. Como tanto gostava teve a palavra final, ou porventura ter-se-á levantado de mesa para ir jà ali e voltar talvez amanhã, quem sabe depois, no seu conceito infinito de tempo, sabendo que o aguardamos com a tranquilidade da espera que votamos aos anjos.

Pedro Abrunhosa Porto, 16 outubro 2001

Paulo était un prince du verbe, quelqu'un qui se déplaçait entre la douceur des nuages et les rafales de la certitude avec laquelle il se battait pour sa vision du monde. Ce n'était pas facile d'être son frère cadet , mais avec quelle nostalgie je me rappelle les discussions que nous maintenions et dans lesquelles je me noyais dans une sensation de petitesse et d’ignorance. Il s’est battu jusqu'à la fin, dans une cohérence unique que je n´ai connue chez personne d´autre.. Imperturbable dans son pardessus blanc, qui lui tombait comme un manteau royal, Paulo a vécu conformément à ses propres règles, dont ce livre est à peine un chapitre surprenant. Des yeux transparents de bonté et de lumière, un enfant heureux bercé par l'affection qu’il consacrait à tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître en privé, les mains longilignes qui étreignaient le temps avec la fermeté délicate avec laquelle il prenait une taille de femme, le thé pris aux hautes heures du matin, entre des rêves reportés et des mémoires d'une vie pleinement remplie. Il était ainsi Paulo, dans tout ce qu’il touchait, il laissait un peu de lui et se révélait inopinément le meilleur de nous tous. Il est parti aussi vite qu’il a vécu, sans nous laisser lui dire adieu, avec les baisers qu´il aimait tant donner. Il a emporté avec lui la musique qui habitait son l'âme, comme s’il voulait reporter son adieu, le dernier mot qui aimait prononcer. Ironique comme toujours, Paulo nous a privés de notre destin de frères, de nous asseoir par une quelconque après midi ensoleillée de septembre, à l’ombre fraîche des figuiers de la prairie, en fumant une cigarette impossible, entre des histoires fantastiques, des rires qui cachaient les larmes d´un cœur plus grand que la terre qu´il foulait.. Comme il aimait tant, il aura eu le dernier mot, ou par hasard se sera-t-il levé de table pour aller là bas et revenir demain peut-être, qui sait plus tard, dans sa conception infinie du temps, sachant que nous l’attendons avec la tranquillité de l’espérance que nous vouons aux anges.

Pedro Abrunhosa le 16 octobre 2001

EU

Ao espremer a memória

à procura da história

que fosse um relato,

mais ou menos exacto,

daquilo que eu sou,

o que me sobrou

foi a evidência

de que a minha existência

é um enigma,

o paradigma

de uma grande incerteza.

Qual é a natureza

do meu personagem?

Serei só a imagem?

Um ser virtual?

Ou sou mesmo real?

Será que eu existo

e sou filho de Cristo?

Ou poderei eu ser Ele,

só que noutra pele?

E se eu for uma lesma?

Existo na mesma?

Seja lá o que eu for,

a verdade é que a dor

de não saber o que faço

faz de mim um palhaço.faz de mim um palhaço.

Serei um fala-barato?

Um sacana de um chato?

Alguém importante?

Ou um grilo falante,

de consciência pesada

e sem nenhuma piada?

Viverei esta vida

que me é tão querida,

sem nenhuma razão?

Ou serei um peão

de um destino com nexo?

E qual é o meu sexo?

Sou uma mulher,

uma fêmea qualquer?

Ou um homem sem cio,

em nome do brio?

Afinal, quem sou eu?

Um fariseu?

Uma pessoa decente?

Um docente doente,

meio pedófilo?

E se eu for germanófilo

e com tendências nazis?

Ou um juiz infeliz

que decide ao acaso?

E um soldado raso?

E um rato de esgoto,

uma espécie de arroto,

em forma de escroque,

sem ter rei, nem ter roque?

Serei eu mongolóide,

ou um asteróide

a riscar o Universo?

E haverá um reverso

da minha medalha?

E uma mortalha

que me cubra na morte?

Qual será a minha sorte?

Serei um profeta?

Um mero pateta?

Um poderoso Czar,

ainda que cheio de azar?

Um reles de um chulo,

que só sabe estar fulo

com a luta

da puta

pelo dinheiro?

Ou serei um banqueiro,

um milionário?

Posso ser um otário,

um pária divino,

desprovido de tino.

Ou até um vidente,

que vive da mente,

uma alma penada

na berma da estrada,

ou mesmo um ministro

de algo sinistro!

Posso ser tudo isso!

Mas…e se eu for um noviço,

carregado de mágoa

por não ter um cão-d´agua

com pedigree?

Cometerei hara-kiri?

Qual é, então, o meu karma?

Terei uma arma

apontada à cabeça?

E será que estou nessa,

de correr esse perigo

e ser o meu próprio inimigo?

Afinal, eu sou quem?

Um zé-ninguém?

Um bicho careta,

de vocação incorrecta?

Ou apenas um cura,

numa paróquia obscura?

E se, pelo contrário,

eu for um vigário,

um parlapatão?

Ou será que não?

Será que sou mouco,

tido por louco

e confinado a um hospício?

Ou serei um patrício,

um compadre da terra

que, depois de ir à guerra,

passou à reserva?

E será que me enerva

pensar que sou bicha,

que gosto de picha

e de andar no engate?

Se calhar o ataque

é a minha defesa!

e saberei estar à mesa

e medir o que como?

Ou serei o Rei Momo

de um qualquer carnaval?

Quem sou eu, afinal?

Será que sou místico,

ou, apenas, um dístico,

que diz, sem emenda,

que eu já estou à venda?

Serei flor que se cheire,

ou, somente, um alqueire

de grãos de poeira?

E ainda haverá quem me queira?

Não serei desprezado,

como um pobre falhado?

Talvez, isso sim,

seja o que pensa de mim,

quem me conhece.

E se só me apetece

ser um super-herói

que combate e destrói

o Mal no papel?

Ou uma criatura cruel,

um sombrio guru,

que, por Belzebu,

não tem piedade?

E qual é a minha idade?

Serei eu já velho

quando me vejo ao espelho,

ou, ainda, um bebé

que mal anda de pé?

E, mesmo sem graça,

terei uma raça?

Será que sou branco

e por isso é que manco?

Ou serei, antes, um preto

que vive num ghetto,

um diabo amarelo,

nem feio, nem belo,

ou um pele-vermelha

de uma tribo já velha?

Afinal, sou o quê?

Um parabéns-a-você?

Um ponto num i?

Um snob de um dandy?

Ou serei um espirro

saído de um esbirro

da mafia local?

Ou o Pai Natal?

Será que ainda sou virgem,

ou já não me atingem

os desejos alheios?

E onde estão os meus meios

de sobrevivência?

Será que a ciência

também explica

por que é que a genica

tanta falta me faz?

Tal como a paz

de que tanto preciso

para poder ter juízo?

Mas que raio é que eu sou?

Alguém que voou

para outra distância,

ou alguém cheio de ânsia?

Um fora-da-lei?

Um amante da grei'

Um grito do povo?

A gema de um ovo?

Um Kamikaze?

Um militante de base' Um libertino

de instinto felino?

Um anjo-da-guarda'

Uma eminência parda?

A ovelha ranhosa

de uma família vaidosa?

Será por ser magro

que eu ainda trago

comida nos dentes?

Ou serão resistentes

os termos do acordo

que fará de mim gordo?

Serei chefe de orquestra?

Uma abelha-mestra?

Uma fada-madrinha?

Um oficial da marinha?

Serei um artista

ou, antes, autista?

Um homem formoso,

ou um monstro horroroso?

Será excesso de zelo,

o pesadelo

em que, suponho,

se tornou o meu sonho?

Estarei eu à beira

de perder a estribeira

e de, agindo sem norte,

virar bobo da corte?

Ou serei um suspiro,

o estampido de um tiro

disparado por Deus,

num gesto de adeus

e de aviso que o mundo

está moribundo?

Espremi, espremi,

mas tudo o que vi,

foi, da minha memória,

brotar, inglória,

uma pinga de sangue,

uma lágrima exangue,

que me escorreu pelos dedos

e caiu nos lajedos

do firmamento!

E, nesse momento,

ouvi uma voz

que, apanhando-me a sós,

sussurrou-me baixinho:

"Não sejas mesquinho!

Não queiras ser nada!

Porque a caminhada,

e para onde ela aponta,

é tudo o que conta!"

vendredi 11 octobre 2013

Album Entre nos e as palavras - Rodrigo Leao Os Poetas

singular projecto de música para poemas portugueses, da autoria de Rodrigo Leão, Francisco Ribeiro, Gabriel Gomes e Margarida Araújo.

L'apocalypse des travailleurs de Valter Hugo Mae

«je ne peux me payer que la mort, la vie est trop chère pour moi.»

Dans le choix des libraires

Maria da Graça est femme de ménage, marié à un marin médiocre qu'elle tente d'empoisonner, gentiment... Elle est au service de monsieur Ferreira, un vieux cochon qui la viole allègrement et régulièrement. Mais Maria trouve ça pratiquement normal, voire y prend même quelques plaisirs. En outre, l'homme est cultivé, et il lui parle de Goya, Rilke, Bergman ou Mozart, de grands hommes capables d'impressionner Dieu. Or Maria a maintenant quelques soucis avec Dieu, ou plutôt avec Saint-Pierre qu'elle rencontre chaque nuit dans ses rêves surtout après le suicide de Ferreira. Elle souhaite ardemment le rejoindre et Saint-Pierre n'est pas totalement convaincu («quel provocateur ce saint pierre, quel salaud») et ne lui prête guère attention mais Maria n'est pas femme à se laisser faire, "je ne suis pas femme à fuir mes obligations" ! La meilleure amie de Maria, Quiteria, est également femme de ménage. Même cruauté de la vie («... je ne peux me payer que la mort, la vie est trop chère pour moi.»), même âpreté et difficultés mais aussi même quête de bonheur, même désir de vivre, d'aimer et de sexe. Quiteria se prostitue et tombe amoureuse d'un Ukrainien étrange, déglingué vivant un exil douloureux. Seul le petit chien, Portugal, qu'elle a recueilli, semble serein et regarde tout ça avec calme sans porter aucun jugement. Un portrait cru et direct d'une société portugaise où le peuple se débat vigoureusement dans des difficultés immenses mais que la quête d'amour aide à survivre. Le style est vif, rythmé et singulier, l'humour décapant et les personnages atypiques et attachants. ■Les présentations des éditeurs : 20/06/2013 Maria da Graça est femme de ménage, elle a l'ambition de mourir d'amour. Elle rêve toutes les nuits qu'elle essaye d'entrer au paradis pour y retrouver monsieur Ferreira, son patron, qui, bien qu'avare et ayant abusé d'elle, lui parlait de Goya, Bergman ou Mozart, des hommes capables d'impressionner Dieu en personne. Mais les portes du paradis sont encombrées de marchands de souvenirs et saint Pierre la repousse à chaque fois. Elle verse aussi tous les soirs quelques gouttes d'eau de Javel dans la soupe de son mari. Ouitéria, son amie, se prostitue mais tombe amoureuse d'un émigré ukrainien désespéré. Comme Maria da Graça, tous les personnages de ce roman cherchent leur paradis et, pleins d'espoirs ou sans espoir, ils pensent que le bonheur vaut tous les risques, même s'il faut sauter allègrement dans l'abîme. V.H. Mãe dessine ici avec humour un portrait caustique et tendre de notre temps, à travers des personnages attachants qui avancent sur les chemins sinueux d'une société perturbée.

«Un livre majeur.» Diario de Noticias

«Éblouissant... L'originalité de la puissance créative de l'auteur est immense.» Expresso

«Un livre admirable dont la maîtrise stylistique nous manipule et nous enivre du début à la fin.» Publico

Valter Hugo Mãe est né en Angola en 1971 et vit actuellement au Portugal. Poète, musicien et performer, il a reçu le prix José Saramago pour son premier roman.

■La revue de presse Catherine Simon - Le Monde du 19 septembre 2013 Comment faire de l'or avec des clichés ? Comment faire de l'humain avec ces pantins aliénés, qui ont si bien assimilé les poncifs qu'on leur a collés sur le front ? En prenant ces clichés au sérieux, répond l'écrivain portugais Valter Hugo Mãe : en les faisant grossir sous la loupe de la fiction, puis en les retournant comme un gant, avant d'en tirer des histoires d'amour, tragiques et drôles, plus vraies que nature... Ecrit sans virgule et sans majuscule, le roman de Valter Hugo Mãe peut se lire comme un hommage au grand écrivain António Lobo Antunes qui, parmi les premiers, s'était proposé de " rompre avec la ligne droite du récit classique et l'ordre naturel des choses ". C'est sans effort aucun que le lecteur suit les démêlés de la tendre Maria et du suicidaire " Monsieur Ferreira " ; sans même y penser qu'il observe la longue marche de Quitéria et d'Andriy, tant l'écriture est à la fois fluide, entraînante, finement rythmée. L'Apocalypse des travailleurs, troisième volet d'une tétralogie, entamée en 2004 et achevée en 2010, est le premier roman traduit en français de Valter Hugo Mãe, né en 1971 en Angola. Son Apocalypse est l'une des plus réjouissantes découvertes de l'automne.

■Les courts extraits de livres : 20/06/2013 La nuit, Maria da Graça rêvait qu'à la porte du paradis il y avait des vendeurs de souvenirs de la vie sur terre, des marchands aux boniments hauts en couleur, qui cherchaient à attirer son attention en agitant les bras comme s'ils avaient du poisson frais à vendre, s'attroupaient autour de son âme et lui proposaient pour un prix modique des objets censés atténuer le grand manque dont souffraient les morts, les derniers charlatans, pensait-elle, gênée même d'avoir à penser après sa mort, ou de se dire que c'était peut-être une bonne chose qu'on lui offre avant son entrée au paradis la possibilité d'emporter avec elle un objet, une image matérialisée, quelque chose comme la preuve d'une vie antérieure ou d'une saudade extrême, elle leur demandait de la laisser passer, elle était pressée, elle insistait, ne savait pas trop ce qu'il convenait de faire et ne pouvait rien décider, rien de rien, elle était perplexe et ne voulait pas courir le risque cupide d'avoir à s'engager dans l'éternité à partir d'un acte de possession, gagnée par une compréhensible angoisse, anxiété ou excitation d'être là pour la première fois, elle gardait l'espoir que saint pierre puisse l'éclairer et, un pied dedans et l'autre encore dehors, de pouvoir acheter le requiem de Mozart, la reproduction des fresques de Goya ou l'édition française de à l'ombre des jeunes filles en fleur. Les portes du paradis étaient basses, contrairement à ce à quoi on pouvait s'attendre, il fallait se pencher considérablement pour passer, et dans la foule de ceux qui se démenaient pour qu'on s'occupe d'eux, la confusion était dramatique, créant de la violence et faisant s'élever de fréquents nuages de poussière, maria da Graça avait échappé aux vendeurs et elle essayait de calculer de quel côté de la place elle devait se diriger pour être sûre d'atteindre l'entrée, ce ne serait pas facile de parcourir ces cent mètres sans être bousculée, ou pire, sans être prise pour un de ces excités, et de se trouver ainsi obligée de demeurer à l'extérieur furieuse pour l'éternité. Ils ne resteraient pas ici éternellement, pensa-t-elle, ils allaient continuer vers l'enfer, traînés par l'oreille comme des mal élevés, peut-être une fourgonnette passerait-elle et les ramasserait comme des chiens errants, des hommes en sortiraient pour prendre en chasse ceux qui se trouvaient dans ce cul-de-sac, les capturant à l'aide de grands filets qui les immobiliseraient, la place serait nettoyée pour un moment. Maria da Graça suivait son chemin en essayant le plus possible de longer les murs, convaincue qu'étant décédée d'une façon si terrible, elle mériterait tous les pardons et serait admise au paradis, Maria da Graça se présenta ainsi, j'étais employée de maison, oui, femme de ménage, comme si elle n'était femme que de temps en temps, le temps de faire le ménage, et saint pierre lui demandait, qu'est-ce que cela veut dire, et elle répondait, c'est monsieur Ferreira qui m'a tuée, depuis longtemps il me faisait du mal et je me disais que cela devait arriver, saint pierre s'inclinait, la tête en arrière et le ventre en avant, et riait en disant, mais madame, cela n'a aucune importance à présent, les morts sont tous pareils, ils n'ont pas de profession et ce qu'ils ont appris à faire ne leur sert à rien, ou alors vous croyez qu'il y a ici des chambres à nettoyer, Maria da Graça insistait, mais je suis morte sans le vouloir, c'est le vieux, pour moi je serais (...)

mercredi 9 octobre 2013

Les Renards Pâles de Yannick Haenel chez gallimard

"Il suffit que l'invivable affecte quelques-uns pour que le vivable n'existe plus pour personne."

Ce n'est pas du tout un roman lusophone, mais un énorme coup de cœur littéraire. un bel engagement poétique, notre liberté chaque fois plus restreinte en faveur du contrôle, des êtres humains traités comme de simples déchets, le désœuvrement, le vide "l'intervalle" qui reconstruit, renaitre, rencontrer, s'engager, donner la parole aux sans papiers, aux sans abris, aux sans emploi, enflammer Paris, bruler nos cartes d'identités comme geste universel... un romans humainement très riche, d'un point de vu d'où on a pas l'habitude d'observerr.

Le je se fond dans le nous et disparait au milieu des autres, sous des masques les identités disparaissent dans les flammes aussi et forment un tout. Passer de la bordure, au centre, là ou tout s'embrase et se révolte

Voici plusieurs extraits des renards pâles de Yannick Haenel. Retrouver dans une grande sensibilité poétique, un sentiment politique

« Quelqu’un a sorti ses papiers d'identité et les a jeté dans le feu. le geste c'est répété tout au long de la rue de Rivoli et en quelques minutes tous ceux qui avaient des papiers d'identités les ont fait disparaitre à travers les flammes" "Lorsque plus personne n'à de papiers, est-il encore possible de repérer les sans-papiers ? Voici que nos masques se fondent dans une absence générale de papiers. Voici que cette nuit place de la concorde, les sans-papiers se confondent avec tous ceux qui n'en ont plus. Voici qu'il n'y à plus de sans-papiers, puisque les papiers n'existent plus voici que s'invente à travers les flammes l'utopie d'un monde débarrassé de l'identité "

"Les larmes aussi sont une parole, la plus vivante sans doute, parce qu'elle arrose nos corps asséchés comme si elles leur prodiguaient la fertilité."

"J'étais dans le trou de rat de la République là où la politique consiste à étouffer les cris"

"Selon lui notre époque était celle où la police avait remplacée la politique. Ce remplacement était historique, il signait notre servilité par le mot "police" il n'entendait pas seulement les forces de l'ordre, mais tout ce qui en nous accepte d'être réduit, notre asservissement n'aurait bientôt plus de limite, puisque la parole politique était morte, et que seul le control était en vie. "Nous n'avons plus d’existence politique""

" C’est bien de guerre qu’il s’agit : une guerre civile divise la France, comme tous les pays qui suspendent le droit de certaines personnes en criminalisant leur simple existence. Elle oppose les étrangers « indésirables », comme vous dites, et forces de polices. Le plus souvent elle est dissimulée pour des raisons politiques : ainsi reste-t-elle en partie secrète ; mais il arrive, pour les mêmes raisons, qu’on l’exhibe : elle dégénère en spectacles, et les médias en présentant les sans papiers comme des délinquants qui enfreignent une loi, maquille cette guerre en lutte contre l’insécurité "

"L'existence est quelque chose qui arrive sur vous comme un animal en pleine course, L'existence quand elle vous arrive ne fait pas attention à vous : elle vous précipite avec elle dans son élan, et alors vous vous mettez à vivre"

" Le tumulte à sa façon est un vide ; le néant s'y agite avec ferveur qu'il dérobe aux journée calmes"

" Le seul espoir viendrait de ceux qui se taisent, ceux qui n'ont pas accès à la parole parce qu'ils sont exclus de la parole, les sans abris, les sans emplois, les sans papiers - toute la communauté des SANS . Leur silence est sacré, parce qu'il est ce qui reste. Dans un sacrifice il y a toujours un reste ; et le jour où ceux dont l'existence est récusée par l'économie trouverons une parole, alors la politique existera de nouveau"

"On confond le"temps libre" avec l'oisiveté, mais le temps à toujours été libre : rien n'est plus libre, plus loisible que le temps ; ce sont les humains qui le gâchent, en le remplissant de leur cafouillage, est-il possible d'habiter le vide ?

Y'a bien longtemps que je n'ai eu un aussi gros coup de coeur pour un livre, j'y ai trouvé une dimension humaine et universelle